#finance

Comment gérer son cash-flow ?


Tagué : , .

By Noémie MOREL, EXECUTION PARTNER chez EXECUTION CONSULTING

Avec une moyenne de 11 jours de retard de paiement en France en 2018 et 13 jours en Europe[1], le cash-flow est l’un des facteurs les plus importants d’une entreprise et nombreux sont ceux qui n’y prêtent pas assez attention. Il s’agit pourtant de l’indicateur permettant de suivre au plus près la santé financière des sociétés. Il est utilisé par exemple par les banques pour évaluer une demande de crédit.

Que signifie gérer le cash-flow ?

Gérer son cash-flow signifie de pouvoir identifier encaissements et décaissements le plus en amont possible. Ainsi, des indicateurs et plans d’actions éventuels pourront être mis en place afin d’éviter toutes dérives de trésorerie.

Les indicateurs à surveiller : il existe une source inépuisable d’indicateurs, de ratios plus ou moins pertinents pour mesurer sa trésorerie. Ci-dessous, une sélection des principaux indicateurs à suivre dans le cadre de la gestion de son cash-flow :

·     Le BFR ou besoin en fonds de roulement. Les décalages entre décaissements et encaissements des clients sont constants. Le BFR représente les besoins de financement à court terme d’une entreprise afin de palier à ces décalages.

·     Les créances clients et les dettes fournisseurs : la pratique la plus courante pour améliorer sainement son cash-flow est de manier les conditions de paiement des fournisseurs et clients. En effet, la première solution serait d’augmenter les délais de paiements de nos fournisseurs et diminuer ceux de nos clients. Le DSO (Days Sales Outstanding) est le temps moyen qui s’écoule entre l’envoi d’une facture et le paiement de celle-ci. Un DSO faible améliore votre cash-flow et vos liquidités.

·     Evaluer le risque client : pour agir de façon proactive et ainsi éviter tout éventuel litige avec nos futures créances client, il vaut mieux avoir le réflexe de rechercher les informations de solvabilité de nos nouveaux clients.

·     Suivre sa rentabilité : à travers le point mort, il détermine le temps nécessaire pour que l’entreprise atteigne son seuil de rentabilité, ou encore le ratio de rentabilité (résultat d’exploitation sur Chiffre d’affaires), il permet de suivre l’efficacité de l’activité pure.

Une fois ces indicateurs mis en place, il faut alors leur fixer des objectifs en fonction des priorités de l’entreprise afin d’établir des plans d’actions lorsque ces indicateurs dérivent. Un objectif doit être concret, mesurable, échéancé mais surtout réaliste et expliqué. Par exemple, améliorer son DSO de 3 jours d’ici à la fin de l’année est un objectif concret contrairement à, améliorer la satisfaction client.

Les éventuels plans d’actions à mettre en place :

–    Se faire payer dans les temps : Il faut proposer des conditions de paiement sur mesure à vos clients, et appliquer une procédure efficace pour recouvrer les factures, dès le premier jour où elles auraient dû être payées. Pensez aux factures numériques, qui permettent de gagner un temps considérable pour accélérer les paiements.

–    Récompenser les bons payeurs ou les payeurs comptants : pour résoudre les problèmes de trésorerie, vous pouvez proposer à vos clients des conditions de paiement avantageuses s’ils règlent leurs factures à l’avance à travers, par exemple, le principe de l’escompte.

–    Palier aux mauvais payeurs en utilisant un service de Factoring ou d’assurance-crédit : la société de Factoring avance les paiements sur les factures impayées des clients de l’entreprise, litigieux ou non. La solution assurance-crédit, garantit les impayés. C’est une garantie sur les créances commerciales contre les risques de défaillance de paiement des clients.

–    Régler vos décaissements aux meilleurs délais : à contrario, ralentissez les flux sortants de votre entreprise en allongeant au maximum les délais de paiement des factures fournisseurs sans se mettre en procédure de recouvrement ou réglez vos prestataires au moment où les encaissements sont au plus haut. Il faut également être très vigilant aux conditions et délais de paiement proposés par le fournisseur au moment de la contractualisation.

–    Rationaliser vos stocks : la gestion du BFR passe aussi par une diminution des stocks. Commander au plus juste et accélérer la rotation des stocks afin de n’avoir en réserve que les produits nécessaires et ainsi ne pas plomber sa trésorerie.

–    Faites des réserves de trésorerie : le facteur temps est une donnée non négligeable dans une situation de tension financière. Si c’est le cas, il faut au préalable avoir constitué une réserve de trésorerie afin d’engager uniquement les investissements strictement nécessaires à la survie de l’entreprise. Il est donc parfois plus judicieux de privilégier votre cash-flow plutôt que d’optimiser votre rentabilité.

Conclusion

De nombreuses sociétés se sont spécialisées dans l’optimisation du cash-flow des entreprises.

Ce n’est pourtant rien d’autre que la différence entre les entrées et les sorties des liquidités d’une entreprise.

Cela nous rappellera la fameuse fable de la Fontaine : « La Cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. »

Pour aller plus loin :

Générer du cash: La boîte à outils financière du non-financier, Luc Farriaux, ‎Florence Farriaux – 2014

Fondements de gestion financière : manuel et applications, Albert Corhay, Mapapa Mbangala – 2007

Le Cash-Flow, Dimension Nouvelle Du Contrôle de Gestion, Riebold Gilbert – 1968

[1] Selon le dernier rapport de L’Observatoire des délais de paiement 2018, publié le 08/04/2019.


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s